La fermentation de la bière : 3 méthodes

La fermentation de la bière : 3 méthodes

La bière a de nombreuses classifications possibles. Par degré d’alcoolémie, par couleur, par type ou par fermentation… Le choix est vaste. Délices d’initiés s’attarde ici sur la classification basée sur la fermentation de la bière. Il existe trois types de fermentation à l’origine des appellations de bière.

La fermentation haute

La fermentation haute utilise des levures dites « hautes », le plus souvent Saccharomyces cerevisiae. La température de fermentation de la bière se situe entre 18 et 25°C. Cette dernière dure de 3 à 8 jours. Cette méthode de fermentation de la bière permet une meilleure conservation. La fermentation de la bière à des températures «élevées» est plus propice au développement de bactéries et champignons. Une bière de fermentation haute a un degré d’alcool élevé. Cela est dû aux levures utilisées qui ne sont pas ralenties par l’augmentation de la concentration en alcool. Les bières fermentées ainsi sont moins gazeuses que celles de fermentation basse. Après fermentation, les levures meurent et surnagent en surface. C’est pour cette raison qu’on parle de fermentation haute.

La fermentation basse

La fermentation basse se caractérise par l’utilisation de levures basses. La souche principale étant Saccharomyces uvarum. La bière produite a un goût de houblon et de malt plus prononcé mais est moins fruitée que celle de fermentation haute. Toujours par rapport à une fermentation haute, la bière est moins alcoolisée mais plus pétillante. Cette fermentation de la bière est souvent réservée à des bières blondes. La fermentation dure 7 à 10 jours, à une température de 10 à 15 °C. Une fois la fermentation de la bière achevée, les levures sédimentent au fond de la cuve, d’où le nom de fermentation basse.

La fermentation spontanée

La fermentation spontanée se fait grâce aux levures naturellement présentes dans la bière. Il n’y a donc pas d’ajout de levure dans le moût. Les bassins de fermentation sont généralement étendus et peu profonds pour favoriser l’action des levures de l’air. Cette ancienne méthode de fermentation de la bière était déjà utilisée au Moyen-Age. Pour la production de ce type de bière, 86 souches de levures sauvages ont été identifiées. Ces levures ne sont présentes que dans la vallée de Senne (ou Zenne) en Belgique. C’est donc la seule région adaptée à la production de ce type de bières. Comme les levures ne sont pas maîtrisées dans ce mode de fermentation, il est plutôt imprévisible. Les brasseurs essaient de ne pas modifier leur brasserie, de peur de « déranger » les levures qui s’y trouvent et de perdre en qualité pour leurs bières.

Les bières fermentées selon cette façon nécessitent 30 % de froment minimum, le reste étant de l’orge maltée ou non maltée voire d’autres céréales (seigle, maïs, riz). La part de houblon utilisée pour ces bières de fermentation spontanée est jusqu’à 3 fois plus importante que pour les autres. Il s’agit de houblon suranné (vieilli). Cela permet une diminution de ses arômes et surtout de son amertume tout en conservant ses propriétés antibactériennes et antioxydantes, recherchées pour la conservation de la bière.

Au sein de ces trois familles, les bières sont principalement différenciées suivant leur couleur et leur degré d’alcool. La couleur vient d’un touraillage (cuisson) plus ou moins long du malt. Plus le touraillage est important, plus le malt est foncé, donc plus la bière le sera aussi. Le degré d’alcool dépend quant à lui de la quantité de céréales utilisée (qui apporte les sucres transformables en alcool), du temps de fermentation et du type de levures utilisées.

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