L’aspartame : mauvais pour la santé ?

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Qu’est-ce que l’aspartame ?

L’aspartame est un édulcorant alimentaire, référencé sous le code E951, dont le pouvoir sucrant est 200 fois plus élevé que celui de sucre classique (saccharose) mais qui ne contient presque pas de calories. Principalement utilisé dans les boissons allégées il est aussi présent dans les desserts, les confiseries et les médicaments.

Quelle règlementation ?

L’aspartame, comme tous les édulcorants dits « intenses », est soumis à une réglementation européenne : la directive européenne 94/35/CE établit les quantités maximales d’aspartame autorisée par catégorie de produit. Les voici dans les grandes lignes :

  • Boissons : 0.6 g / l,
  • Desserts : 1 g / kg,
  • Gâteaux apéritifs et snacking : 0.5 g / kg,
  • Confiseries : 1 à 2 g / kg, sauf chewing-gum : 5.5 g / kg.

De plus, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) a fixé une Dose Journalière Admissible (DJA) pour l’aspartame qui est de 40 mg / kg : pour une personne de 60 kg elle correspond à la consommation d’une centaine de sucrettes ou de 4 litres de soda par jour. Cette DJA est calculée d’après la Dose Sans Effet (DSE) : dose maximale administrée par jour lors des expériences en laboratoire pour laquelle on n’observe pas d’effet, la DJA correspond à la DSE divisée par 100.

Controverse sur la dangerosité de l’aspartame

Plusieurs études sont parues ces dernières années sur les effets négatifs de cet aspartame. En effet, ces études mettent en cause l’aspartame pour trois grands problèmes de santé détaillés ci-après.

L’aspartame, un additif cancérogène ?

La fondation européenne Ramazzini a mené une étude en 2010 sur les potentiels effets cancérogènes de l’aspartame chez les souris. Cependant, les experts scientifiques de l’AESA et de l’Anses (Agence nationale de sécurité environnementale et sanitaire) se sont penchés sur ses études et ont conclu que les éléments présentés ne permettaient pas de mettre en cause l’aspartame dans le développement de tumeurs.

De plus, l’AESA a publié un rapport en 2013 qui rappelle qu’aucune des études menées jusqu’à aujourd’hui (en Europe comme aux Etats-Unis) ne permet de conclure sur un quelconque risque cancérogène de l’aspartame.

Aspartame et grossesse

Toujours en 2010, une équipe danoise (Halldorsson et al) a étudié les liens entre consommation de boissons édulcorées à l’aspartame et le risque d’accoucher prématurément. Là encore, l’AESA et l’Anses ont montré du doigt les méthodes utilisées qui introduisent des biais et faussent les conclusions, ils ont donc qualifié cette étude de non pertinente.
Par ailleurs, des chercheurs suédois et norvégiens ont publié une étude plus poussée en 2012. Elle portait sur le lien entre accouchement prématuré et consommation de soda avec ou sans aspartame. Les résultats sont saisissants : la consommation de plus d’un soda par jour accroît les risques. Enfin, ces derniers augmentent davantage si on consomme des boissons sucrées naturellement que pour des boissons light avec aspartame : 25 % contre 11 %. Cette fois-ci l’étude n’a pas été mise en cause par les autorités sanitaires européennes.

Aspartame : pire que le sucre dans l’apparition du diabète de type II

En janvier 2013, une étude française menée par l’Inserm sur plus de 60 000 femmes pendant 14 ans. Elle a démontré que les femmes consommant des boissons light ont un risque accru de développer un diabète de type II. L’augmentation des risques est de 60 % pour une consommation de 1,5 l par semaine. Elle est de 15 % pour une consommation hebdomadaire d’un demi-litre. L’augmentation des risques entre ceux qui consomment des sodas light et ceux qui n’en consomment pas est de 130 %. Mieux vaut alors boire du jus de fruit, non incriminé dans l’augmentation des risques de diabète de type II.

En conclusion, en décembre 2013 l’AESA a publié un rapport sur la réévaluation complète de l’aspartame. Ce dernier prend en compte toutes les publications existantes au sujet de cet édulcorant. Le rapport réaffirme la position de l’AESA sur la dose journalière admissible déjà établie et jamais atteinte en pratique.
Dans tous les cas, l’aspartame n’a aucun effet bénéfique sur la santé. Dans le doute mieux vaut lui préférer la stevia. Cet édulcorant d’origine 100 % naturelle est reconnu pour n’avoir aucune incidence négative sur la santé.

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