Colorant alimentaire dans les bonbons : dioxyde de titane, E171, nanoparticule

Ingrédients controversés / /

Partagez :

Toxicité du colorant alimentaire dans les bonbons : le dioxyde de titane, E171, nanoparticule

Le 27 octobre, l’ONG Agir pour l’environnement a publié un rapport pointant du doigt l’utilisation de nanoparticules dans les bonbons. L’association dénonce notamment l’usage de dioxyde de titane, un additif alimentaire référencé sous le code E171.

Qu’est-ce qu’une nanoparticule ?

Les nanoparticules ont une taille de l’ordre du nanomètre. Soit un milliard de fois moins qu’un millimètre. Leur diamètre est de l’ordre d’une molécule d’ADN (2,5 nm).

Dans les aliments, les nanoparticules sont utilisées pour diverses propriétés notamment comme antiagglomérant (la silice E551). Elles permettent aussi de modifier les propriétés nutritionnelles (réduction des lipides). Utilisées pour intensifier les arômes, elles changent aussi la couleur des aliments. Encore près de 300 nano-ingrédients sont référencés.

Les nanoparticules sont aussi utilisées dans les emballages agroalimentaires. Elles améliorent leurs propriétés (brillance, anti UV…). Mais cela implique potentiellement une contamination du produit par contact.

Pourquoi les nanoparticules sont-elles controversées ?

Ces minuscules particules sont capables de migrer d’un produit à l’autre. Elles sont capables de traverser la barrière gastro-intestinale lors de l’ingestion. Notre corps ne sachant pas les éliminer totalement, elles risquent de s’accumuler dans nos organes. Dans notre organisme, les nanoparticules se dégradent partiellement en radicaux libres. Or, ces radicaux libres sont responsables de nombreuses réactions inflammatoires. Des risques toxiques pour l’ADN sont aussi pointés du doigt par certaines études. Enfin, les nanoparticules peuvent se retrouver sous forme de nanotubes qui seraient cancérigènes (cancer de la plèvre).

Les nanoparticules sont donc controversées pour leurs risques potentiels pour la santé. Elles sont comparées à l’amiante : forme (nanotubes proche des fibres d’amiante), accumulation dans les tissus, danger établi après la mise sur le marché… Cela concernerait principalement les personnes manipulant et inhalant beaucoup de nanoparticules, comme dans l’industrie. L’ingestion serait, quant à elle, moins risquée.

Avec la nouvelle loi INCO, l’utilisation des nanoparticules est plus transparente. Les nano-ingrédients doivent être mentionnées dans la liste des ingrédients. Cependant de nombreux industriels s’appuient sur les flous entourant les nanoparticules pour ne pas les spécifier… Difficile de savoir si les aliments consommés en contiennent.

Le dioxyde de titane, une nanoparticule dans le viseur

Le dioxyde de titane est un additif alimentaire, référencé en E171, de formule TiO2. Il est aussi appelé bixyde de titane ou bioxyde de titane. Il est utilisé comme colorant blanc, comme opacifiant ou dans l’enrobage de bonbons et médicaments (vernis, couche protectrice). On le retrouve aussi dans des crèmes cosmétiques et crèmes solaires. Or le dioxyde de titane serait cancérigène si l’on en croit certaines études…

Cet additif est autorisé depuis 1969 en France, date à laquelle les nanoparticules n’étaient que très peu connues. Aucune valeur seuil dans son utilisation n’a donc été fixée. La valeur toxique de référence (similaire à la DJA : dose journalière admissible) n’a jamais été définie. Le produit n’était à l’époque pas considéré comme potentiellement nocif.

Historique des mesures d’alerte sur le dioxyde de titane

En 2006 le Centre International de Recherche sur le Cancer classe le dioxyde de titane dans la liste des substances cancérigènes probables 2B par inhalation. Et ce, quelle que soit sa forme. En 2014, l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Environnementale et Sanitaire) préconise un classement du dioxyde de titane nano dans la liste des substances dangereuses. Ceci permettrait de restreindre son utilisation, voire de l’interdire. En 2015, l’ANSES propose de classer le dioxyde de titane comme substance cancérigène 1B par inhalation. Cette proposition faite à l’ECHA (Agence Européenne des Produits Chimiques) a été mise en consultation publique en mai 2016. Elle reste actuellement sans réponse.

Certaines études pointent le risque des inflammations des poumons et du péritoine si le dioxyde de titane sous forme nano est ingéré en grande quantité. Chez les animaux, d’autres études listent des retards de croissance, anomalies, malformations dans le développement ou la reproduction chez certaines espèces, des effets génotoxiques et de cancérogenèse de certains nanomatériaux, des effets sur le système nerveux central, des réactions d’hypersensibilité et d’allergie. Ces études restent insuffisantes pour prouver les risques sanitaires du bixyde de titane, faute de données ou de méthodologie adaptée.

En septembre 2016, l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments a décidé de prolonger l’autorisation du dioxyde de titane en tant qu’additif alimentaire, faute de preuve suffisante de sa nocivité. Elle a tout de même commandé des études supplémentaires pour évaluer les risques liés à l’ingestion de dioxyde de titane.

La toxicité de ce colorant alimentaire dans les bonbons

Le scandale a éclaté à l’approche d’Halloween en vue des quantités importantes de bonbons que les enfants sont susceptibles d’ingérer. Les bonbons contenant souvent du bixyde de titane, les enfants sont particulièrement exposés et plus sensibles, car en plein développement.

De nombreuses marques de bonbons utilisent le dioxyde de titane dans certains de leurs produits. Parmi elles : M&M’s, Mentos, Skittles, Têtes brûlées, Milka, Airwaves, Freedent, Hollywood, Malabar… La liste complète des produits alimentaires contenant du dioxyde de titane est disponible sur OpenFoodFacts.

On retrouve aussi cet additif dans d’autres types de produits (exemple de marque). Dentifrices (Sensodyne, Elmex), médicaments (Doliprane), crèmes solaires (Lancôme), crèmes cosmétiques (Guerlain), rouges à lèvres (Dior) en utilisent. Le dioxyde de titane n’est pas (seulement) utilisé dans les produits d’entrée de gamme, mais dans tous les produits…

Au final, bien que les risques sanitaires liés au dioxyde de titane ne soient pas prouvés, la méfiance est de mise…

Commentaires